Un incontournable des robots géants : Mobile Suit Gundam Seed
Par Morgan Magnin le mardi, septembre 11 2007, 14:14 - Films d'animation - Lien permanent
Au Japon, Mobile Suit Gundam est une légende. Le grand public français n’a pu découvrir ce classique des univers de science fiction qu’à partir de 2001. C’est en effet à cette date qu’une chaîne hertzienne (M6) se décide à diffuser Gundam Wing, une des nombreuses séries estampillées Gundam.
Mais remontons un peu le temps. Nous sommes en 1979, au Pays du Soleil Levant. Depuis plusieurs années, les anime mettant en scène des robots géants (les mechas) se multiplient : ces géants de métal sont surpuissants et dotés d’attaques spéciales dévastatrices (à l'instar de Grendizer, plus connu sous nos lattitudes sous le nom de Goldorak).
Une équipe de la Sunrise, menée par Yoshiyuki Tomino, a alors l’idée de proposer une oeuvre différente, en modifiant radicalement la place du robot dans l’intrigue : dans Kidô Senshi Gundam (aussi connu sous le nom de Mobile Suit Gundam), le mecha n’est qu’un élément parmi d’autres, simple pion au coeur d’une guerre qui fait rage. Car la “marque” Gundam, c’est avant tout l’exceptionnelle richesse des univers que les différentes oeuvres dépeignent.
Les séries Gundam ont pour cadre un futur dans lequel la
conquête spatiale n’est plus un simple rêve. Bien au contraire : les Terriens ont commencé à s'installer sur de nouvelles planètes et à construire de gigantesques stations orbitales.
Généralement, le scénario se focalise alors sur un conflit entre la
Terre et ses colonies. Il s'attache notamment à dépeindre la guerre (ses
mécanismes d’entraînement et d’enlisement, ses implications tant
politiques que sociales) avec une efficacité et une lucidité
remarquables. Tiraillés de part et d’autres par leurs convictions et
par des événements qui les dépassent, les personnages de ces séries
essaient tant bien que mal de se frayer un chemin dans un monde déchiré.
En France, la franchise Gundam a connu, ces dernières années, un regain d'intérêt de la part des éditeurs de mangas et de DVD. Au format papier, Pika édite depuis bientôt un an Gundam - The Origin, qui reprend grosso modo l'intrigue de la série originale de 1979. Parmi tous les mangas Gundam publiés au Japon et en France, il s'agit du meilleur titre, un incontournable de la science-fiction japonaise !
En vidéo, Beez a commencé par proposer les trois films tirés de la première série puis les longs métrages qui y faisaient suite (Mobile Suit Gundam : la contre-attaque de Char, Mobile Suit Gundam 083 : Le Crépuscule de Zeon et Mobile Suit Gundam F91). Ces oeuvres, à la qualité intrinsèque indéniable, accusent toutefois leur âge sur le plan technique. De fait, de nouvelles séries estampillées Gundam ont vu le jour au fil des années (2007 verra d'ailleurs l'arrivée, sur les écrans nippons, de la petite dernière : Gundam 00) pour séduire un nouveau public.
L'une des plus récentes est Mobile Suit Gundam Seed (dont une suite, Mobile Suit Gundam Seed Destiny, a été diffusée au Japon en 2004-2005). Les intrigues Gundam prennent souvent place dans des univers alternatifs indépendants les uns des autres ; c’est justement le cas de Gundam Seed par rapport aux séries produites depuis 1979. Il n’est donc pas nécessaire d’avoir vu l’une des précédentes séries Gundam pour découvrir celle-ci (a contrario, il est utile d’avoir visionné Seed avant d’attaquer Destiny).
Ère Cosmique, année 70 : les relations se sont envenimées entre les Naturels de l’Alliance Terrestre et les Coordinateurs
(humains génétiquement modifiés habitant les colonies spatiales
appelées PLANTs) de ZAFT. Suite aux événements tragiques de la St
Valentin Sanglante, les tensions initiales se sont transformés en
affrontements militaires de grande envergure. Onze mois après le début
des hostilités, le conflit s’est enlisé. C’est à ce moment-là que
débute Gundam Seed.
Kira Yamato est un jeune Coordinateur qui a émigré sur Heliopolis, une
colonie neutre. Le jour où ZAFT lance une attaque contre la colonie -
soupçonnée de construire des prototypes de Mobile Suits (robots géans de combats) - il est obligé de se battre pour défendre ses amis Naturels.
Le hasard du destin le conduit alors à se retrouver face à face avec
son ami d’enfance Athrun Zala qui, lui, s’est engagé du côté de ZAFT.
Gundam Seed se démarque sans mal du reste de la production japonaise : chara-design (signé Hirashi Hirai) séduisant, histoire menée tambour battant (à ce sujet, les cinq premiers épisodes de la série sont à couper le souffle), intrigue intelligente (caractéristique du savoir-faire des Japonais dès lors qu’il s’agit de décrire un conflit loin de tout manichéisme). A noter, aussi, la grande qualité des génériques de début et de fin - quatre génériques de début et trois génériques de fin accompagnent les 50 épisodes que compte la série - qui s’accorde parfaitement au dynamisme de l’oeuvre. Si les dessins et l’animation souffrent de quelques variations de qualité suivant les épisodes (mieux vaut éviter, par exemple, de comparer les deux premiers épisodes avec l’épisode 8), le spectateur oublie vite ces petites faiblesses passagères pour se focaliser sur la richesse du scénario. C’est d’autant plus vrai que les scènes cruciales sont, elles, toujours irréprochables techniquement et esthétiquement parlant.
Gundam Seed est l'un des tous meilleurs space opera de ces vingt dernières années. A découvrir au plus vite, d’autant que l’édition proposée par Beez est de qualité (bonus, présence de la VOSTF et de la VF).




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